|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Pour aborder l'harmonisation
je reprends l'excellent exposé de Michel Vincent
Comment la mise en place des 7 notes naturelles
sest-t-elle opérée ?
Ainsi lintervalle séparant le Do
du Sol est dit intervalle de quinte, et comprend 7 demi-tons
(soient 3 tons½ ; on dit aussi, avec plus de précision
: quinte juste). Cest un intervalle qui fait référence
pour loreille, à tel point que notre système
auditif se met en quelque sorte en attente de la quinte descendante
relative à toute note perçue.
Chaque note sharmonise donc de façon
privilégiée avec toute autre note distante dune
quinte. Ainsi Do sharmonise parfaitement avec une note située
à une quinte descendante dans la gamme, soit 7 demi-tons plus
bas, pour laquelle Do tient le rôle dharmonique 3. Quelle
est cette note ?
Nous pouvons alors énoncer un principe essentiel : Toute tension perçue lors de lémission dune note ou groupe de notes trouve sa résolution à lissue dun enchaînement conduit soit en quinte descendante, soit en quarte ascendante. Dautre part, Lintervalle séparant
le Do du Mi est dit intervalle de tierce.
Nous définirons lintervalle de 4 demi-tons (2 tons) comme la tierce majeure, et lintervalle de 3 demi-tons (1 ton ½) comme la tierce mineure.
Lintervalle de quinte juste constitue une assurance de stabilité. En revanche, lintervalle de tierce va produire une impression musicale différenciée, voire inappropriée eu égard au contexte, selon quil est joué en tierce majeure ou tierce mineure.
Pour linstant, considérons la tierce
majeure existant entre Do et Mi, son harmonique 5. Mi sharmonise
avec une note située une quinte plus bas :
Cest la 6ème note rejoignant logiquement le club à 7 membres de la gamme diatonique majeure (doù le terme : sixte). Reste maintenant à régler le problème des critères dacceptation de la 7ème note.
A ce titre, très naturellement, nous pensons dabord à Sib, lequel forme avec Do un intervalle que nous pouvons qualifier de septième (pour être exact, il faudrait dire : Septième de dominante). Sib est en effet une harmonique de Do (rang 7). Vouloir harmoniser Sib avec sa quinte descendante Mib changerait la nature de cette gamme, la place de tierce (majeure) ayant déjà été attribuée à Mi. Si nous associons Sib à Mi naturel, la co-habitation majeur/mineur qui en résulte provoque alors une sensation dinstabilité, dincertitude...
Lassociation de la 7ème de dominante et de la tierce majeure, crée un effet de tension, que lauditeur perçoit comme un moment critique, soit devant aboutir à une résolution, soit annonçant un changement de tonalité. Cest un carrefour dans le cheminement créatif, opportunité offerte par la composition ou à saisir au cours dune improvisation. Nous verrons par la suite que cest sur les accords de 7ème de dominante (cest à dire structurés sur ce type dintervalle) quune grande part des possibilités créatives seront concentrées.
Pour linstant, notre but est de compléter la gamme diatonique majeure, et à ce niveau, ce sera le Si naturel qui va simposer : Il forme une quinte juste avec Mi ainsi quune tierce majeure avec Sol, les 2 autres notes-clé de la gamme.
Afin de ne créer, dans le vocabulaire, aucune confusion avec lintervalle de septième de dominante (Do-Sib), cet intervalle Do-Si est qualifié de septième majeure.
A lécoute, lassociation fondamentale/septième majeure est dissonante ! Ce choix, positionnant le Si naturel comme 7ème degré de la gamme diatonique majeure, nest donc pas satisfaisant à tous les égards (doù la terminologie des théoriciens : note sensible).
Cette sensation de dissonance apparaît dès que deux fréquences ninterviennent pas dans un rapport arithmétique simple. Physiquement, le jeu dondes stationnaires ne peut sinstaller sur les corps sonores émetteurs. Un phénomène dit de battements est généré, cest à dire quune onde parasite apparaît, dont la fréquence dépend de la différence existant entre les deux fréquences en question. Cet ensemble vibratoire se propage dans lair ambiant, vers le système auditif, et le battement est perçu comme une gène.
En fait, les seuls intervalles produisant un effet de dissonance notable sont : lintervalle de septième majeure, et lintervalle de neuvième bémol (ou 9ème diminuée). De façon générale, par reflet, tout se ramène à lintervalle de seconde bémol (ou 2nde diminuée) : Les musiciens appellent frottement un tel intervalle de ½ ton, à priori inopportun.
Dans un accord (groupe de notes harmonisées), il conviendra, entre autres options, soit domettre volontairement la 7ème majeure si la fondamentale est très perceptible, soit de la jouer plus faiblement, soit de la remplacer par une autre note harmoniquement plus acceptable, soit encore domettre la fondamentale (même remarque concernant la 9ème bémol).
Néanmoins, certaines compositions ou interprétations se satisferont très bien de cette sensation particulière. La musique reste un art, et dans certains cas, même les excès contribuent à la richesse artistique.
Voila donc notre gamme naturelle de Do, qui sidentifie à la gamme diatonique majeure de même nom : 1 quinte juste (Do-Sol), 2 tierces majeures (Do-Mi ; Sol-Si) sappuyant sur les 2 principales harmoniques y sont représentées. Une tierce majeure supplémentaire est également disponible (Fa-La). Les notes intermédiaires restantes de la gamme chromatique ne seront donc pas nécessaires, si lon ne quitte ni la tonalité de Do, ni ce climat majeur. Occasionnellement, elles serviront déléments de décoration, options offertes au compositeur ou aux arrangeurs, pour pimenter quelque peu leur ligne mélodique.
Si nous tenons maintenant à utiliser Sib comme septième, dans le but de fabriquer une nouvelle gamme diatonique qui resterait de toute façon fidèle aux principes harmoniques, que devons-nous revoir ?
Nous pouvons harmoniser Sib avec sa quinte descendante : Mib. Cela fonctionne parfaitement : nous mettons demblée en évidence 2 tierces mineures : Do-Mib et Sol-Sib, basées sur 2 harmoniques capitales.
Dores et déjà, nous avons compliqué le jeu en empruntant 2 notes intermédiaires à la gamme chromatique : Sib et Mib. Bien sûr, rien ne nous empêche dadmettre la chose en létat. Mais ny a-t-il pas possibilité de trouver une note, qui serait la fondamentale dune gamme dont tierce et septième, telles que précédemment définies, appartiendraient à la gamme naturelle de Do majeur ?
Décalons le tout dune tierce mineure vers le bas ! Nous démarrons donc sur La. La quinte La-Mi est préservée. De même pour les 2 tierces mineures évoquées, qui deviennent La-Do et Mi-Sol.
Tout ceci est pour le mieux ! Nous pouvons dès lors déclarer quil sagit dune gamme en mode La, relative de Do majeur! Sa tierce étant mineure, elle sappellera gamme mineure naturelle. Doù la définition :
La gamme mineure naturelle relative dune gamme majeure donnée se forme avec les mêmes notes que cette dernière, la fondamentale étant située 1 ton ½ plus bas. Voici donc la gamme de La mineur naturelle
![]() Il savère cependant intéressant de disposer dautres gammes mineures où la septième garde son caractère de note sensible. Une telle autre gamme dite mineure harmonique, est alors formée par la reprise de la précédente, où la septième a été augmentée dun ½ ton, répondant ainsi à cette exigence (septième située à ½ ton de loctave) : Il savère cependant intéressant
de disposer dautres gammes mineures où la septième
garde son caractère de note sensible. Une telle autre gamme dite
mineure harmonique, est alors formée par la reprise de la précédente,
où la septième a été augmentée dun
½ ton, répondant ainsi à cette exigence (septième
située à ½ ton de loctave) : Voici donc la
gamme de La mineur harmonique
![]() Il ne sagit pas dans ce cas dune altération imposée par la tonalité, mais bien dune altération accidentelle rapportée. Celle-ci ne figurera donc pas à larmure de la clé dans lécriture dune partition. Elle sera rappelée dans chaque mesure où cette septième apparaîtra.
Ce nouvel agencement révèle une propriété qui ne peut quattirer particulièrement notre attention :
En considérant Do comme centre tonal majeur (fondamentale de la gamme diatonique majeure), nous constatons de cette suite comporte 3 sons acceptant Do comme harmonique : Sol# (dont Do est harmonique 5/tierce Maj.), Fa (dont Do est harmonique 3/quinte juste), Ré (dont Do est harmonique 7/Septième de dominante).
Ce type de gamme diatonique mineure sappuie donc, tout comme la diatonique majeure, sur les propriétés des harmoniques physiques. Doù son nom de gamme mineure harmonique. Nous pouvons donc à présent préciser que,
Le centre tonal majeur sharmonise en tierces ascendantes du mode majeur, en tierces descendantes du mode mineur harmonique relatif.
Parlons enfin dune troisième gamme
mineure, dite mineure mélodique. A partir de la précédente,
la sixte a été augmentée de ½ ton. Voici donc la gamme de La mineur mélodique
![]()
La remarque antérieure concernant lutilisation de notes intermédiaires, ici pour les 6ème et 7ème degré reste valable.
Dans ces 3 gammes, la partie fondamentale-quinte reste stable, le mode mineur étant affirmé par la nature du 3èmedegré (tierce mineure).
Il est intéressant dobserver en quoi la gamme mineure mélodique diffère de la configuration majeure : Cest précisément le 3ème degré (Do formant tierce mineure avec La), qui confère toujours à la gamme en question son caractère résolument mineur.
A titre dexemple, considérons la gamme de Do mineur mélodique, qui est mineure relative de Mib majeur, comportant 3 bémols à la clé (Sib, Mib, Lab) :
Une retraduction montre bien que cette gamme
est une reprise de Do majeur, où le 3ème degré
a été diminué :
Le jeu est donc plus ouvert en mode mineur, conséquence de lexistence de ces 3 gammes largement employées.
Il nest dailleurs pas rare de sappuyer
alternativement sur deux dentre elles dans le développement
dun morceau musical. En particulier une montée en mode
mineur mélodique débouche de façon classique sur
un retour descendant en mode mineur harmonique.
Le nom de la gamme relative majeure de chacune
de ces gammes mineures est fourni par le nom du 3ème degré
: Exemples :
Un mode est caractérisé par une suite dintervalles. La valeur modale est très liée au climat et la charge émotionnelle portés les mélodies qui y sont rattachées.
Jouer sur un mode cest choisir dabord une tonalité puis interpréter une phrase qui sappuie et trouve sa résolution finale sur un degré donné de cette tonalité. La fondamentale ne sera plus de ce fait celle de la tonalité initiale, lagencement des intervalles sen trouvera modifié, et limpression mélodique rendue transformée.
Ainsi, à partir dune phrase musicale écrite en majeur, si nous décalons lensemble des notes d1 ton ½ vers le bas, nous passons en mode mineur naturel. Limpression rendue est différente : un peu plus triste, mélancolique. Nous pouvons même marier les deux mélodies (2 voix), en jouant ou chantant ensemble les duos de notes ainsi créés.
Il est clair quune telle façon de procéder ouvre la porte à la construction dun nombre très important de modes. Ce nombre devient encore plus considérable, si lon décide de ne pas sen tenir uniquement aux gammes diatoniques !
De fait, seul un nombre restreint de modes pouvant être ainsi construits présentera un réel intérêt. Les contraintes liées aux rapports harmoniques contribueront pour bonne part à cette sélection (par exemple, le fait de disposer dune quinte juste). Pour le reste, larbitrage se fera par références culturelles.
Jouons une phrase en Do majeur, débutant sur Do et se terminant sur la même note. Reprenons la même phrase en commençant sur le 2ème degré, Ré. Lagencement des tons et demi-tons est alors : { 1- ½ - 1 1 1-½ -1 }
Le climat global qui en émane est différent. Nous venons de jouer sur une gamme de Ré, mais celle-ci nayant plus la structure dune gamme majeure, nous sommes tenus de la re-qualifier, en loccurrence sous le nom de Ré Dorien, mode relatif du 2ème degré de Do majeur (tout comme La mineur naturel en est le mode relatif du 6ème degré).
En respectant la même succession des intervalles
ainsi déterminés, nous pouvons aussi bâtir une gamme
de Do en mode Dorien. Il est facile de se persuader que cette
gamme de Do Dorien reprend de fait les notes de la tonalité de
Sib majeur, car Do est 2ème degré dans cette tonalité.
De proche en proche nous pouvons sélectionner divers modes issus des gammes de Do majeur et Do mineur. Dans la musique tonale, un mode se définit
par « l'étendue précise de l'intervalle séparant
chaque degré d'une tonalité donnée, de sa tonique
». Petite histoire à la mode :
Exemples de
modes issus de Do mineur Harmonique
Exemples de modes issus de Do mineur Mélodique
Enfin, dautres gammes non nécessairement heptatones, permettent délaborer des modes synthétiques avantageux, aux égards aux climats créés et aux accords qui sy rattachent. En voici quelques exemples :
Les phrasés composés sur ces modes
particuliers requièrent plus dattention et de volonté
découte.
Jouer une mélodie seule, ou chanter a capella peut, dans certains cas, relever dune recherche artistique simple et originale. Mais gageons que linterprétation risque fort de sombrer dans la platitude et lennui si lon sen tient là ! Il conviendra dapporter un enrichissement qui, sans être ni systématique ni obligatoirement sophistiqué, donnera volume et ambition à la mélodie. Le but est alors de permettre à lauditeur de retrouver ses acquis culturels, et de répondre à ses attentes émotionnelles.
Une phrase musicale est développée sur une gamme, et plus généralement sur un mode qui peut dailleurs fort bien évoluer dans la durée, contribuant à nuancer le climat général, relançant du même coup lattention de lauditoire. Rappelons que travailler sur une gamme consiste à choisir une tonalité, et sappuyer sur les 7 notes de celle-ci. Introduire une note étrangère au mode nest toutefois pas à exclure : celle-ci devra alors généralement être exprimée avec discrétion, cest à dire non accentuée et de courte durée.
Un mode sera pour partie repéré par ses notes, présentes dans le morceau, dans la mesure toutefois où celles-ci sont appelées dans leur quasi totalité (ce qui nest pas forcément toujours le cas). La résolution finale aura le plus souvent lieu sur le degré I, généralement au bout dun nombre pair de mesures, et ceci sur une certaine durée (par exemple, 2 mesures).
Réassurer lauditeur eu égard aux modes exprimés, linterpeller dans les moments de tension et lapaiser par les résolutions, constitue la mission des accompagnateurs. Plusieurs aspects de laccompagnement sont sollicités, selon les styles, les arrangements et les moyens dont les interprètes disposent :
- Les voix polyphoniques : Des notes simultanément chantées avec la mélodie font lobjet de phrasés exprimés par une 2ème voire 3ème « voix », par exemple en dessous de la ligne principale. En veillant à ce que ces « voix » chantent sur le ou les modes souhaités, on soutient et intensifie le climat musical par cette technique dite du contrepoint.
- La ligne de basse : une ligne complémentaire dans les registres les plus bas contribue à la fois à soutenir le rythme et à bien décrire les modes rencontrés, soit par effet de gamme (notes conjointes jouées successivement), soit par effet darpège (notes jouées successivement en tierce, quinte ou autres intervalles). Le bassiste sattachera à fournir, entre autres sonorités, les notes clés du mode qui pourraient justement être manquantes dans la ligne mélodique. De plus, liberté lui est laissée, visant à apporter diverses variations rythmiques ou autres chromatismes jugés opportuns.
- Laccompagnement en accords : Situé de façon privilégiée dans un registre intermédiaire, entre la ligne de basse et les lignes mélodiques, laccompagnement en accords consiste en un apport supplémentaire de notes harmonisées de tout premier ordre. Les accords peuvent être soit plaqués (notes composantes jouées ensembles), soit arpégés (les notes composantes sont alors jouées successivement, en ordre ascendant, descendant, ou mixte). Les notes composantes daccords peuvent même être utilisées pour créer une véritable « mélodie daccompagnement » dialoguant avec la mélodie principale.
Si nous voulons former des accords, nous nous posons immédiatement quelques questions au sujet des notes composantes devant être choisies : Combien ? Lesquelles seront les plus représentatives ? Car plus la mélodie sera simple, plus lauditeur sera exigeant vis-à-vis de laccompagnement : Dans quel mode sommes-nous ? Tel accord nous permet-il de préciser la tonalité dans laquelle nous venons de passer ? Il faut savoir que, en musique de jazz (et musique moderne en général) les morceaux modulent extrêmement souvent. On comprend alors le rôle essentiel tenu par les techniques daccompagnement en accords, moyen privilégié permettant la satisfaction de cette exigence.
Lorsque les modulations deviennent si fréquentes, lon peut alors parler de modulation continue. Quelques notes seulement sanalysent comme une brève incursion dans une autre tonalité, ceci pendant une ou quelques mesures ! Dans ces conditions, comment trouver des repères ? Comment se permettre quelque innovation, se lancer dans une improvisation où la logique harmonique restera garante de la satisfaction de lauditeur ?
Maîtriser tonalités et modes savère indispensable à celui qui improvise ou travaille sur une ligne mélodique globale, cest-à-dire sur un enchaînement de phrases musicales relativement longues. Mais lorsque certains passages évoluent en modulation continue, on sera vite tenté de faire léconomie dun tel effort : Lidentification tonale ou modale ne sera pas toujours facile, dautant plus quil conviendra parfois de procéder à des arbitrages, les réponses possibles pouvant être multiples.
Dès lors, cest la succession des accords, telle quelle aura été élaborée par le compositeur ou larrangeur et rapportée sur la partition qui constituera la trame déterminante à exploiter pour valoriser, colorer une mélodie, exprimer son climat, sa spécificité musicale. Le processus, lorsquil est poussé à lextrême, permet dailleurs lémergence de certaines techniques stylistiques où, à chaque note de la ligne mélodique est associé un accord !
A partir de maintenant nous emploierons la notation anglosaxone, ceci systématiquement pour établir le chiffrage des accords, et progressivement pour nommer les notes qui les composent
Le degré de la gamme sur lequel chaque
accord est construit lui donne son nom, et constitue sa fondamentale.
Si nous nous attachons à harmoniser des intervalles fondamentale-quinte
de façon à ce que tous les accords ainsi formés
trouvent leurs notes dans le mode majeur, ceci savère possible
à une exception près : le 7ème degré, dont
laccord comporte un intervalle de quinte diminuée (sinon
une altération serait nécessaire). Les accords
de 3 sons (Triades) :
Les accords
de 4 sons :
Gamme Do majeur
Nous pouvons établir une typologie par
fonction des accords ainsi construits, daprès
les observations précédentes :
Reprenons ce tableau de façon à
associer une fonction daccord à chaque degré et
profitonsen pour préciser les notations adoptées,
pour les accords construits sur la gamme de Do Majeur ![]() Quelques remarques concernant le chiffrage, définissant les fonctions daccord :
Accords Majeurs des degrés I et IV (fonction majeure) :
Les suffixes 7M, 7Maj, et delta
ne sont
pas systématiquement mentionnés. Souvenons-nous que fondamentale
et 7ème majeure créent une dissonance.
Accords mineurs des degrés II, III, VI (fonction mineure):
La 7ème diminuée est en parfaite consonance dans ces accords, et a donc toujours sa place. Cest pour cela que certains auteurs nindiquent même pas le suffixe 7, jugeant celui-ci implicite. Pour dautres auteurs, une mention de type Dm7 revient à dire que la 7ème mineure doit être entendue dans laccord mineur et que, à linverse la mention type Dm indique quil ny pas vraiment dinconvénient à sen affranchir.
Accord du degré V (fonction 7ème de dominante) :
Ce type daccord a une structure unique et représente donc la tonalité sans ambiguïté. Comme il sappuie sur le 5ème degré de la gamme quil exprime, donc sur la dominante, nous comprenons pourquoi il est appelé accord de septième de dominante. Mais les jazzmen disent plus simplement accord de septième en parlant dun chiffrage type G7. Cette dernière terminologie ne sapplique quà ce type daccord exclusivement.
Sa survenue amène un effet de tension, conséquence de la cohabitation de 2 tierces, lune majeure lautre mineure, respectivement fondamentale-tierce et quinte-septième.
Concernant cette propriété, il est intéressant de se référer spécifiquement à lintervalle de 3 tons : tierce majeure-septième de dominante, appelé Triton (qui se trouve être de fait un intervalle de quinte diminuée ou de quarte augmentée). Lexistence dun triton caractérise la fonction daccord de dominante. Il rapporte une sonorité très éloignée du centre tonal (degré I).
Un accord de 7ème de dominante à
vocation :
Accord du degré VII, mineur 7ème quinte diminuée :
Un accord de ce type ne comporte pas de quinte juste. Aucune de ses notes composantes ne se retrouve dans laccord de degré I, de sorte sa sonorité est particulièrement éloignée du centre tonal. De plus, il contient un Triton (lintervalle fondamentale-quinte diminuée, ainsi que le rappelle le nom qui lui est donné). Doù un rendu très proche dun 7ème de dominante. Cest pour cela que, dans la typologie, le mineur 7ème quinte diminuée est rangé dans la classe fonctionnelle des accords de dominante. Nous reviendrons sur cette propriété.
Nous pouvons dès à présent dresser un tableau permettant de retrouver la structure des accords associés aux des 12 degrés de la gamme chromatique, chacun pris comme fondamentale, selon le type de construction ainsi dégagé. Il nest bien sûr pas question pour aucun musicien, amateur ou professionnel, dapprendre par cur un tel tableau. La bonne compréhension du mécanisme de formation des accords doit permettre de retrouver instantanément les composantes daprès le chiffrage. En cas dhésitation, ce tableau permet une vérification. Cest par une pratique intensive que lon sen affranchira définitivement. ![]() ![]() Les accords
étendus :
Sur la gamme de Do majeur, voici les accords et extensions (ou notes de couleur) qui en découlent (neuvième, onzième, treizième justes, augmentées ou diminuées selon les degrés ). Là encore, le processus est généralisable à nimporte quelle tonalité
- 9ème (diminuée sur les degrés III et VII) - 11ème (augmentée sur les degrés IV et VII) - 13ème (diminuée sur les degrés III, VI et VII)
sont constituées par le Triad de base de laccord placé sur degré ascendant voisin. (Exemple : 9èmeb, 11ème et 13èmeb de laccord Em7, sont identifiées à partir des fondamentale, tierce et quinte de laccord F.
Les accords
allégés :
Comment procéder à un tel arbitrage
? Certaines notes dun accord sont peut-être présentes
dans la mélodie ou dans la ligne de basse.
Si lon souhaite colorer des accords, les extensions ont un rôle tout trouvé, et laccompagnateur naura que lembarras du choix pour les recruter ! Celui-ci aura même tout loisir de sacrifier certaines notes du Triad de base au profit dune, 2 ou 3 extensions qui simposeront comme notes de couleur.
Nous verrons que, concernant les accords de 7ème de dominante, eu égard à leur caractère éloigné du centre tonal, cela peut aller encore plus loin, dans la mesure où même des notes extérieures au mode pourront être introduites : les extensions (normalement 9ème, 11ème, 13ème sur un accord de degré V), pourront être altérées, cest à dire soit augmentées (diésées) soit diminuées (bémolisées). Ces altérations génèrent des synonymies, si on les rapporte à leurs reflets respectifs à loctave inférieure :
13ème b (treizième bémol) ~ 5te# (quinte augmentée)
11ème # (onzième dièse) ~ 5teb (quinte diminuée), ~ 4te+ (quarte augmentée)
9èmeb (neuvième bémol) ~ 2nde b (seconde diminuée)
Sur un plan pratique, il est courant d'introduire dans les accords majeurs, la 9ème ou la 13ème (ou son reflet : la sixte) en lieu et place de la 7ème majeure. L'accord de Ré majeur chiffré D, peut être ainsi décliné dans les exemples (1) (2) (3) suivants :
Dans lexemple (3), la notation D6 faisant référence à la sixte précise implicitement que lon est sur un accord majeur, où la sixte remplace la 7ème majeure (la sixte, qui nest pas une extension, constitue un enrichissement majeur). Un chiffrage équivalent pourrait être : Dadd13.
Il est également courant de supprimer dun accord la fondamentale et/ou la quinte, au profit dextensions visant à intensifier leffet harmonique initial. Afin de conserver lessentiel du rendu sonore lié à la fonction daccord, on sattachera à garder la tierce et la septième. La première en précise le caractère majeur ou mineur, et la seconde détermine le niveau de tension en faisant sonner soit un triton pour les accords de 7ème, soit une quinte pour les accords majeurs/mineurs.
Dans lexemple (4), on souhaite faire entendre 9ème et 13ème dans laccord de D7, et choix a été fait de sacrifier fondamentale (D) et quinte (A). Le renversement des accords
Renverser un accord consiste à réarranger la superposition de ses notes composantes.
De tels réaménagements permettent, si besoin est, de mieux positionner un accord dans un registre sonore, en sattachant à effacer lapport parfois un peu lourd des notes basses ou au contraire, en cherchant à adoucir la contribution peut-être agressive des aiguës. On vise également par ces techniques, à étendre la répartition des notes composantes sur deux registres de linstrument daccompagnement (grave-médium ou médium-aigu). On profite ainsi plus amplement des possibilités que celui-ci est en mesure doffrir.
Procéder de la sorte ne change rien à léquilibre harmonique. Laccompagnateur bénéficie donc dune grande liberté en matière de renversements daccords. Les techniques daccompagnement à la guitare (ou instruments de la même famille) requièrent dailleurs un travail de doigtés spécifiques aux renversements, dans le but de lier au mieux les accords entre eux. Pour les claviers, les possibilités offertes à cet égard sont beaucoup plus importantes.
Renverser des accords étendus est également tout à fait admis. A ce stade, on se rend compte du nombre impressionnant de combinaisons qui en découle (le calcul dépasse limagination). On nest, bien entendu, pas tenu de se limiter à des accords de 4 notes.
Enfin, une recherche de renversements amène, selon le contexte, à découvrir des sonorités jugées plus probantes que lorsque ces accords sont joués sous leur forme première. Cest également une façon dévacuer les intervalles dissonants (9ème b, 7ème Maj, 2nde dim.) en plaçant chacune des notes incriminées dans des registres distincts.
A chacun dessayer les renversements, dajouter des extensions, de supprimer des composantes, autant de façons de faire qui ne nuisent nullement à la rigueur harmonique, et constituent autant de sources dexpression.
Voici quelques techniques de renversements (accord-exemple choisi : C7) :
. Positions serrées : Positions « drop » : ou de déplacer à la fois les 2ème et 4ème composantes (toujours en partant de laigu) :
Le mode opératoire précédemment développé, visant à construire des accords à partir des notes de la gamme diatonique majeure peut être bien sûr repris à partir dune gamme mineure. Nous nallons pas réitérer la démarche, ce qui serait sans doute fastidieux ! Allons directement aux conclusions en explicitant les accords découlant de chacune des 3 gammes mineures :
- Gamme mineure naturelle :
Celle-ci, reprenant les mêmes notes que
la gamme majeure dont elle est relative, donnera donc naissance aux
mêmes accords, soit en tonalité de A mineur, relative de
C majeur ![]() Des nouveautés apparaissent ! En particulier, si nous limitons lobservation aux accords de 4 notes, nous constatons lémergence dun accord « mineur, 7ème majeure » (I m7M), dun accord « majeur quinte augmentée » (III 7M5# ou III+ ou III+5), et dun accord « diminué » (VII dim) .
Est-ce à dire que nous devons revoir et compléter la typologie fonctionnelle daccords issus de la gamme diatonique majeure (accords majeurs / mineurs / septième de dominante) ?
Dans la pratique, il est dusage de toujours faire référence à cette typologie. Lapparition dans un morceau daccords « mineur, 7ème majeure » (degré I) ou « majeur quinte augmentée » (degré III) sera simplement le signe de la réalité dun climat mineur, et ces accords seront considérés comme des colorations daccords respectivement mineur et majeur.
Reste la question de laccord « diminué
» (degré VII)
Les accords diminués sont des dérivés daccords mineurs, définis par un assemblage de tierces mineures :
- La tierce est mineure. - La quinte est diminuée (quinte bémol, ou quinte diminuée) - La septième mineure est diminuée et sidentifie alors à la sixte de la gamme diatonique.
Il existe plusieurs façons de considérer ces accords, lesquels ont une sonorité tout à fait affirmée. Quel rôle leur attribuer ? Dans quelles circonstances peuvent-ils être utiles ?
Si nous construisons de tels accords sur la gamme chromatique, nous constatons rapidement que tout renversement donne naissance à un autre accord diminué construit sur un degré situé 3 demi-tons plus haut ou plus bas.
Exemple : On déduit facilement de cette propriété
quil nexiste en fait que 3 accords diminués, associés
aux 3 premiers degrés de la gamme chromatique, les autres étant
des renversements de lun ce ces trois Lusage est cependant de faire référence à un accord diminué en lui donnant le nom de la note basse sur laquelle il est construit. Il se voit à cet égard dailleurs souvent conféré un rôle daccord de passage : dans la pratique, il peut savérer élégant dannoncer un accord stable ( Maj. ou min.) en faisant préalablement sonner un accord diminué, construit sur un degré chromatique voisin. Tout se passe alors comme si l'on résolvait après avoir introduit un accord de 7 ème , neuvième bémol (sans fondamentale) situé une quinte au dessus de l'accord stable.
C - Em7 - F - F#dim - G7
Sappuyant sur la gamme chromatique, les accords diminués ont toutefois une valeur modale, lorsque rapprochés de modes synthétiques à 8 notes, dits modes diminués, que nous indiquons ci-après pour mémoire :
La méthode de départ consistant
à harmoniser des notes en quinte/tierce a permis le développement
dune palette daccords particulièrement vaste. Souvenons-nous
toutefois que la fondamentale sonne non seulement admirablement bien
avec la quinte, mais également avec la quarte (qui forme un intervalle
de quinte avec la fondamentale reflet située à loctave
supérieure). A ce titre, il est tentant (et productif à
lécoute) de superposer des quartes (cest à
dire des intervalles de 2 tons ½). Un modèle construit
de cette façon peut être, par exemple :
En (1) nous avons une structure en quartes constituant
un accord dune nature à préciser, à partir
du moment où nous décidons que sa fondamentale est C. Il apparaît comme le renversement « Drop 2 » dun accord (2) qui nous rappelle très fortement C7, la différence portant sur labsence de tierce : elle a été remplacée par la quarte (ici : F).
Un accord de quarte est un accord de 7ème de dominante, où lon fait sonner la quarte en lieu et place de la tierce, ce qui nuance le climat qui reste toutefois tendu, loreille espérant toujours une résolution. Un tel accord pourra donc directement et très naturellement résoudre sur un accord stable situé en quinte descendante. Il remplit également parfaitement un rôle dannonce daccord de 7ème de dominante de même degré. Pour cela, il est appelé accord de 7ème quarte « suspendue », car lattention auditive est suspendue à larrivée de laccord de 7ème de dominante. Il peut également résoudre sur un accord stable de même degré. Il possède un pouvoir de substitution important, aspect que nous reprendrons dans le chapitre traitant des substitutions daccords.
Chiffrages et exemples de fonctions dun
accord de quarte (accord de Sol) :
Pris individuellement, un accord nest
quun empilement de notes harmonisées. En lexaminant
sous les différentes facettes révélées par
ses divers renversements, il peut se voir attribuer des fonctions et
noms différents.
C6 ~ Am7 (Do Maj, 7ème M remplacée par Sixte ~ La mineur 7)
C 7-9 ~ Gdim (Do 7ème, 9ème b sans fondamentale ~ Sol diminué) entre autres exemples, que lon peut multiplier
On ne peut affecter de véritable fonction
à un accord, et donc valablement nommer celui-ci que dans le
cadre de lenchaînement dont il fait partie.
Nous avons déjà entrevu un enchaînement élémentaire de 2 accords, lun porteur de tension résolvant sur un second, amenant la stabilité attendue, en quinte descendante. Cest un modèle courant et simple du type : V vers I
Exemples : En Do maj. G7 vers C
Laccord de 7ème du degré V résout sur laccord stable I, lequel nomme la tonalité, et définit le centre tonal.
Les 7 degrés de la gamme diatonique, et les accords qui leurs sont respectivement rattachés peuvent être rangés hiérarchiquement selon leur niveau déloignement du centre tonal, le degré I.
Tout accord sonnant sur lun des 6 autres degrés a pour finalité dintroduire le suivant, ceci de proche en proche par le jeu des quintes descendantes, jusquà la résolution finale sur le degré I.
Cependant, il convient de ne pas sapproprier ceci comme un principe immuable : par le jeu des modulations, quexploitent quasiment toutes les compositions de jazz et de variété, il est constant de rencontrer des stabilités transitoires, servant à introduire un nouvel enchaînement conduisant à la résolution principale ou finale intervenant plus loin. Certains styles cultivent même un climat dinstabilité continue, en enchaînant en particulier des accords de 7ème, les résolutions intermédiaires et finales étant en quelque sorte sous-entendues (styles blues).
Cette hiérarchie comporte 3 niveaux, liés
à la qualité très proche, intermédiaire
ou éloignée du centre tonal :
1. - très proche (rôle tonique)
: I - VI - III
Si nous mettons en place cet ordonnancement pour la tonalité de Do majeur, nous avons :
1--> C - Am7 - Em7 accords classés proches du centre tonal C (rôle tonique)
.Ces accords peuvent être à ce titre considérés comme équivalents et substituables : Am7 ~ C 6 Em7 ~ Cadd9 sans fond.
Les composantes que C a en commun avec Am7 et avec Em7 (au nombre de 3), confèrent à ces deux derniers accords un statut de représentant du centre tonal.
. VI et III sont utilement substitués à I.
2--> F - Dm7 accords médians : .Équivalence justifiant substitution IV pour II : Dm7 ~ F6
. Les composantes que C a en commun avec F (au nombre de 2) et avec Dm7 (1 seule), contribuent insuffisamment à rendre ces deux accords représentatifs du centre tonal.
. II et IV sont mutuellement substituables.
3--> G7 - Bm7-5 accords
éloignés (rôle de dominante) . Équivalence
justifiant substitution V à VII : Bm7-5 ~ G7/9 sans fond. A ce stade, nous pouvons énoncer le principe
suivant :
Le caractère éloigné du centre tonal inhérent à laccord de 7ème est à lorigine de ces libertés autorisant des incursions hors de la tonalité. Nous lavons déjà évoqué, les accords de 7ème sont, de loin, les plus tolérants (en termes de substitutions acceptées) et les plus manipulables (en termes daltérations possibles) !
Précisons maintenant la gradation des substitutions admises pour un accord de 7ème :
1ère subst. 2ème subst. 3ème subst. V7 ~~ VII m7-5~ ~ II b7 ~~ IV m7-5
Un tel classement découle de lexistence dun triton dans chaque cas, caractérisant la tension produite par laccord de 7ème.
Essayons de nous en convaincre, dans la tonalité de C majeur :
Et nous notons bien que les 2ème et 3ème substitutions Db7 et Fm7-5 nappartiennent pas à la tonalité de C. On peut être assuré de la pertinence de telles opérations de remplacement, en établissant les équivalences suivantes :
Ces 2 substitutions sidentifient alors à laccord G7 lui-même, lequel a été altéré, en sacrifiant quinte et fondamentale.
AUTRES SUBSTITUTIONS : - Laccord de quarte suspendue constitue
un substitut daccord de même nom à la fonction 7ème
de dominante ou mineure (voir la construction de laccord de quarte).
Ex. :
Attention toutefois à ne pas abuser ce cette facilité, qui pourrait vite amener une sensation équivoque. Mais, comme souvent en matière dart, certains interprètes se plaisent à braver ce risque et savent toutefois être efficaces en exploitant intensivement cette propriété de laccord de quarte suspendue.
- Un accord diminué est parfois appelé
à la place dun accord de 7ème, 9ème bémol,
tel que le montre lexemple suivant :
car C#dim (C# E G Bb) = C 7-9 sans fond. (9ème dim à la basse)
RÉSOLUTION MAJEURE :
Celle-ci nous est maintenant familière, et tellement courante : V7 à I issu de la gamme diatonique majeure
Observons une propriété intéressante de cet enchaînement, dans le cas où V7 a été remplacé par IIb7 (substitution tritonique) : On met alors en évidence une résolution chromatique vers le centre tonal, soit en tonalité de C :
Db 7 à C 1 demi-ton chromatique
RÉSOLUTION MINEURE :
Du fait de lexistence de 3 gammes mineures, différentes déclinaisons de lenchaînement V à I peuvent être mises en jeu :
Min. Nat. : V m 7,9b, 11, 13b à I m 7 ,9 ,11 ,13b
Min. Harm. : V 7 ,9b, 11 , 13b à I m 7M ,9 ,11 ,13b
Min. Mélo. : V 7 ,9 , 11 , 13 à I m 7M ,9 ,11 ,13
Laccord résolvant I est dans tous les cas un accord mineur, parfois coloré dune 7ème majeure. Quant à laccord dannonce V, il nest pas systématiquement convaincant dans une fonction mineure, ceci étant du au fait que la gamme mineure naturelle ne dispose pas dun accord de 7ème sur son degré V, et ne permet donc pas une résolution typique. Ceci explique que, lorsque ce cas se présente, il est souvent altéré en accord de 7ème.
Laccord stable, de type mineur, peut également être remplacé par des équivalents de la même tonalité.
Exemples : En tonalité de A mineur : E 7-9 à Am 6, 9 ou E 7-5 à C6 ( ~ Am7 ) PRESCRIPTIONS PRATIQUES :
Ø On trouvera un intérêt certain, dans des situations où un accord mineur introduit un autre accord mineur, à altérer le premier en accord de fonction dominante.
Ø De façon pragmatique, dans toute résolution V7 à I, on trouvera souvent avantage à enrichir et/ou altérer le V7, ceci de façon encore plus privilégiée dans le cas dune résolution mineure (par ex. par adjonction dune 9b, 5- ou 5+). Dans ce dernier cas, ladjonction dune 9# est même possible (faisant ainsi référence à la tierce diminuée de la gamme mineure naturelle).
On désigne sous le terme de progressions
harmoniques, des enchaînements daccords déférents
à un cycle de quintes descendantes, rattachés à
un mode donné ou spécifiques à un genre musical.
La progression en cercle à trois accords
I - IV - V est une sorte de progression particulièrement populaire
. I - IV - V - V (à la base de La
Bamba de Ritchie Valens, cette progression est celle de Like A Rolling
Stone de Bob Dylan, celle aussi de Twist and Shout des Isley Brothers,
et celle de Lucy in the Sky with Diamonds des Beatles.) Ce modèle harmonique de base apparaît dans de nombreuses autres chansons pop la production de Phil Spector pourrait également être citée à ce sujet. Des progressions semblables abondent dans la musique populaire africaine. Elles peuvent être modifiées par l'ajout de septièmes (ou d'autres degrés de la gamme) à tout accord ou par la substitution de l'accord relatif mineur de l'accord IV pour donner, par exemple, I - ii - V. Cette dernière se fait entendre, par exemple, dans Good Vibrations des Beach Boys (Got to keep those...). Cette séquence, qui utilise les accords basés sur le second degré de la gamme, est également utilisée en cadence dans une progression d'accords communs de l'harmonie jazz, le turn around en anglais, que l'on appelle ii - V - I, sur lesquels sont fondés les progressions d'accords les plus décorés de John Coltrane, voir rubrique 6-7-7 ci-dessous. Ces progressions harmoniques sont à la
base de l'ensemble d'une grande partie de la musique populaire africaine
et américaine, et elles se produisent par section, en de nombreux
morceaux de musique classique (comme les premières mesures de
la Symphonie Pastorale de Ludwig van Beethoven). De simples séquences telles que celles
présentées ci-dessus ne représentent pas toute
la structure harmonique d'un morceau, elles peuvent être facilement
étendues pour ajouter une plus grande variété.
Souvent une phrase d'ouverture de type I - IV - V - V, qui s'achève
sur une dominante non résolue, peut recevoir une « réponse
» consistant en une version similaire qui se résout dans
l'accord de base ou la tonique, doublant la longueur de la structure
de base: Une autre façon de prolonger la séquence
I - IV - V commune est d'ajouter l'accord du 6e degré de la gamme,
ce qui donne une séquence I - vi - IV - V ou I - vi - ii - V,
parfois appelé la progression des années 1950.
Utilisant 3 accords sur les degrés II, V, I, enchaînés en quintes descendantes, cette progression exprimée sur des accords de 4 sons permet de nommer sans ambiguïté la tonalité, car les 7 notes de la gamme y sont représentées (il faut bien sûr un peu dhabitude pour isoler la séquence correspondante de 3 accords). Les déclinaisons correspondantes sont nombreuses, au travers des deux principales mises en lumière selon que lon résout en majeur ou en mineur.
II - V - I mode majeur
Chaque fonction daccord est successivement représentée (min., 7ème, Maj.) , et le modèle a retenir est unique :
II m7 - V7 - I7M
Laccord mineur fournit en quelque sorte létat de départ dune situation qui atteint un point de tension maximum sur laccord de 7ème (tension encore plus accentuée si celui-ci a été altéré), pour finalement résoudre sur laccord majeur stable.
Exemples :
Tonalité_ II - V - I Do maj. Dm7 - G7 - C7M Ré maj. Em7 - A7 - D7M
Voici un autre exemple dans lequel la première
résolution introduit une modulation. Laccord stable (degré
I) mute de la fonction majeure à la fonction mineure,
pour se retrouver alors en situation de degré II, démarrant
une nouvelle progression II V I un ton plus bas.
Il existe 3 expressions basiques de cette progression, dépendant de la nature de la gamme mineure qui y est rattachée :
1 - Min. nat. IIm7,5b - Vm7 - Im7 2 - Min. Harm. IIm7,5b - V7 - Im7M 3 - Min.mélo IIm7 - V7 - Im7M
Cette analyse montre que dans le II-V-I mineur, cest sous sa forme mineur 7ème quinte bémol que laccord II est le plus souvent appelé.
Retenons les possibilités suivantes, qui
valent la peine dêtre chaque fois prises en considération
car à lécoute, dun choix pertinent pourra
découler un effet tout à fait convaincant :
Laltération du degré II en 7ème de dominante amène temporairement un climat Lydien, en faisant sonner la quarte augmentée de la tonalité courante.
Exemples : Do mineur : La progression Dm7-5 - G7 - Cm7 admet couramment la séquence de remplacement : D7 - G7 - Cm7 ou bien encore : Ab7 - G+ - Cm7
De la même manière, développé sur la gamme mineure naturelle : Ab7 - Gm7 Cm7
On perçoit toute la diversité des II-V-I mineurs, raison qui explique les difficultés parfois rencontrées lorsquil sagit de les identifier dans certains passages.
Ce terme regroupe un ensemble de progressions cycliques extrêmement fréquentes, qui dérivent dun enchaînement en quintes du type :
III - VI - II - V - I
Les variantes résultent des possibilités
offertes par les substitutions.
I - VI - II - V . (I .)
En substituant IV à II on a également :
I - VI - IV - V . (I .)
Et aussi (III substitué à VI) :
I - III - II - V . (I .)
I - III - IV - V . (I .)
Dans la progression I-III-II-V, on peut faire le lien entre I et II en introduisant un accord de passage, auquel III va céder sa place.
I - IIIb dim - II - V Ou I - I# dim - II - V
Voici ces modèles rapportés à la tonalité de Do majeur :
C Am7 Dm7 G7
Lorsquun accord mineur annonce un autre
accord mineur, laltération du 1er en accord de 7ème
est possible, de sorte que lon peut développer les modèles
suivants : . I VI II V devient : I - VI 7 - II - V puis I - IIIb 7 - II - V (Subst. Tritonique VI) puis I - IIIb 7 - IV - V (Subst. IV pour II)
. I III II V devient : I III 7 IV V Exemples :
Enfin, laccord de 7ème, quatrième du cycle (degré V) peut, bien entendu, être remplacé par sa substitution tritonique ( IIb7).
Les Anatoles possèdent donc une sensibilité très ouverte à des altérations, opérées non seulement sur les fonctions des accords de la progression, mais aussi sur les degrés mêmes, où ces accords sont initialement placés.
Cette suite daccords très simple a un but : évoluer très progressivement vers le degré III, degré fondamental dun mode issu de la gamme diatonique majeure particulièrement dédié aux ambiances flamenco, tsiganes et hispanisantes : le mode Phrygien.
Il ne sagit en fait que dune variante simplifiée de la progression en quintes :
VI [ II ] V [ I ] IV [ VII ] III
Dans ces genres musicaux sinstallent de longs phrasés mélodiques languissant sur un même accord. Patience est requise avant tout aboutissement toujours incertain. Si les morceaux les plus entraînants sapproprient naturellement la séquence complète de 7 accords, les plus typés et langoureux se satisfont de celle réduite à 4 accords.
Laccord III, normalement mineur, trouve intérêt à être altéré en accord de 7ème. Cette substitution fonctionnelle permet ainsi daborder une nouvelle série par un enchaînement en quinte à résolution mineure :
VI V IV - III7 à VI
Laccord III7 représente alors le mode Super Phrygien (également nommé Phrygien Majeur).
Exemple : En Do majeur (mode Mi Phrygien) : Am
G7 F E7
Le centre tonal Phrygien est souvent soutenu,
comme dans la séquence suivante (la note Mi simpose dans
chaque accord) : Am G6 F7M Esus4/E7
Autre variante :
Am G6 F7M/F7 Esus4/E7
Le terme de Turnaround (ou Turnback) désigne tout enchaînement daccords visant à aboutir à un degré donné, ceci même au prix dartifices sappuyant sur une progression daccords de substitution « tournant autour » du degré en question.
Lobjectif est de rompre avec la monotonie issue de la répétition peu créative dun accord donné, généralement celui du degré I, tel que cela peut se produire dans le cas où la grille daccompagnement est trop simple. Ce risque existe si la mélodie reste concentrée au voisinage du centre tonal : La banalité harmonique en résultant peut dégrader lintérêt artistique, et laccompagnateur se voit alors confié la mission dy remédier.
Lidée est de remplacer la répétition de laccord concerné par une progression classique ou un Anatole. Afin de ne pas retomber dans un processus trop académique (et qui donc neffacerait que partiellement lennui redouté), on va utiliser un modèle dAnatole où le degré et/ou la fonction dun des accords composants est altérée, tout en sattachant à mettre en place une nouvelle progression résolvante. Les substitutions vont être particulièrement utiles à cet égard, amenant notamment des résolutions chromatiques.
Ainsi, dans l Anatole : I - III - VI - II à I
III(m7) va être remplacé par IIIb7 (altération du degré + fonction mineure devenant fonction de 7ème). La progression en quinte découlant de ce remplacement permet de re-écrire et jouer la séquence :
I - IIIb7 - VIb7 - IIb7 à I
Cette liberté est justifiée par le fait que IIb7 résout parfaitement sur I, en tant que substitution tritonique de V.
Exemples :
en Do majeur C7M Eb7 Ab7M Db7
en Mi majeur E G7 C7M F7
Autres exemples de Turnarounds en Do majeur :
C7M A7 Ab7 G7
Laccord mineur Am7 (VI) mute et devient A7, ce qui permet de résoudre chromatiquement jusque G7.
C7M Eb7 Dm7 G7 Em7 (III) est altéré en Eb7, et sa fonction mineure fait place à une fonction 7ème. Ceci permet denchaîner chromatiquement sur Dm7, puis G7.
C7M Am7 D7 G7 Dm7 G7 est un II-V à I dont on altère la fonction II.
Ce processus permet de construire toute une panoplie de turnarounds, ce dont auteurs et interprètes ne se privent pas. Il convient donc dêtre en mesure didentifier de telles progressions si elles se présentent dans une grille harmonique dont on souhaite comprendre les tenants et aboutissants.
Le blues est une véritable culture musicale qui sest imposée tout au long du XXème siècle et dont linfluence sur lensemble de la musique moderne est considérable. Elle est intimement liée à lHistoire des États-Unis. Expression de la ferveur religieuse des noirs asservis, de la rêverie empreinte despérance des country ranchers, cette manifestation conjointe de mélancolie et de joie, sappuie sur des rythmes languissants (spleen) ou enthousiastes (swing). La charge émotionnelle portée par ce mélange de climats a favorisé lessor de très nombreux styles.
Sur le plan harmonique, et en prenant soin de rester à un niveau très général, on peut dire que le blues procède dune confrontation entre le chant sexprimant sur un mode à forte connotation mineure (tierce et septième mineures), et son accompagnement joué en accords de 7èmes de dominante exclusivement (tierce majeure, septième mineure). De cette incertitude modale se dégage une atmosphère tendue et envoûtante particulière à ce genre musical.
Les trames blues sont développées autour de modèles ne comportant que des accords de 7ème de dominante, sur les degrés I, IV et V.
Si lon se réfère à un cycle de quintes de type : I7 - IV7 - VII7
le fait de substituer V7 à VII7, en tant quaccord de fonction dominante, classé proche, permet le renvoi au début du cycle (ce dernier aspect est une constante de quasiment toutes les formes musicales dérivées du blues) :
I7 - IV7 - V7 à I7
Néanmoins, le blues reste un style
irrésolu où les accords de 7ème ne senchaînent
pas suivant le cycle habituel : Ils vont tous revenir à des moments
très précis de la trame, se relayant les uns les autres,
chacun déléguant au suivant sa mission dannoncer
la résolution attendue, qui restera cependant toujours en suspens.
Voici la grille du blues traditionnel, basée sur 3 accords
de 7ème et 12 mesures: ![]() Chaque accord de 7ème de la grille se retrouve ainsi représentant dune gamme blues. Un thème écrit en Do blues, utilisant les accords C7, F7 et G7 peut sappuyer respectivement sur les notes des gammes Cblues, Fblues et Gblues.
Nous lavons précisé, le chant a vocation à sexprimer en mineur, doù labsence de tierce majeure dans la gamme blues, alors que celle-ci est présente dans laccord de 7ème de laccompagnement.
On ne peut toutefois affirmer quun tel
mode synthétique soit de nature à prendre en charge lensemble
des compositions marquées dun esprit blues : Gamme et structure
primitive de la grille traditionnelle ont été en effet
largement déclinées en de nombreux genres issus de linspiration
dorigine. En particulier, certains styles country, swing ou particulièrement
envoûtants sarrogent des trames remaniées :
Les progressions harmoniques blues de base peuvent aussi se limiter à une seule section d'une forme musicale plus élaborée, comme souvent avec les Beatles dans des chansons comme You Can't Do That, I Feel Fine et She's a Woman. Elles ont également été soumises à une élaboration densément chromatique, comme dans le travail de Charlie Parker. Steedman (1984) a proposé qu'un ensemble
de règles de réécriture récursive générent
toutes les altérations bien formées du jazz, ainsi que
des accords du blues de base et de ses variations mineures. Parmi ces
règles importantes, citons:
Lenchaînement des accords dans un accompagnement devrait, dans la mesure du possible « aller de soi », dans le sens où le passage de lun à lautre devrait seffectuer de la façon la plus liée possible.
Une façon de jouer visant à lier au mieux deux accords successifs consiste à identifier les notes communes, à traiter comme des notes pivots. Le passage se fait alors en ne substituant que les notes différentes.
Pour chaque instrument daccompagnement,
nous débouchons sur une question de technique et de pratique
de celui-ci. Renverser des accords pour « coller » au mieux
aux progressions rencontrées sera la réponse. Cette maîtrise
des enchaînements, en nimporte quelle tonalité, sera
le résultat dun travail dexercice à cet égard
! Mais quiconque joue dun instrument sait quun entraînement
soutenu est incontournable
Exemple : Mais, comme toujours en matière de créativité, un effet antinomique peut être recherché. On sattache alors à révéler des notes différentes dun renversement à lautre, en renforçant de cette façon une situation que lon veut tendue. Limpact peut être encore plus appuyé en enrichissant et/ou altérant les accords de 7ème, et en exploitant au mieux la palette sonore sur 2 registres distincts (ou, si cest possible, en faisant jouer ensemble deux instruments daccompagnement).
A titre dexemple, essayez dans un contexte adéquat, de jouer une séquence irrésolue altérée telle que G7 C7 F7 Bb7 à Eb en construisant les renversements suivants : ![]() Nous avons à dessein fractionné les accords de 4 notes pour bien différentier les registres, et montrer que deux instruments (ou les deux mains au piano) peuvent harmonieusement sexprimer ensemble, en faisant alternativement sonner une note de couleur (extension ou altération de laccord - notée en gras). Remarquer laltération par la 11ème#, qui amène une coloration blues particulièrement attachante.
Il sagit denchaînements occasionnellement rencontrés ou quun interprète peut décider dintroduire pour compléter son jeu daccompagnement : . Diatonismes :
Ex : F7M Gm7 Am7 Bb7M (ton. F Maj.)
V - VI - VII - VIII deuxième « tétracorde majeur »
Ex : C7 Dm7 Em7,5b F7M (ton. F Maj.)
Ex : Gb7 F7 Gb7 Fm7
. Chromatismes ascendants :
Ex : Gb7 - G7M Em7 Fm7
Ce type de chromatisme peut être élégamment combiné à des enchaînements de type II - V, sous la forme :
IIb - Vb - II - V
Ex : Em7 - A7 - Fm7 -Bb7 (ton. Eb Maj.)
· GRILLES HARMONIQUES :
Les accompagnateurs et bassistes aiment à transcrire leurs morceaux choisis sous forme de grilles harmoniques, en vue den faciliter la compréhension et la mémorisation.
Ce mode de notation consiste en un quadrillage où chaque case représente une mesure. Y figurent les chiffrages des accords successifs propres à la mélodie concernée.
Lintérêt dune telle présentation réside en premier lieu dans la simplicité. Une grille trop complexe risque vite de devenir illisible, alors que le but est de disposer dun procédé mnémonique visant à favoriser la personnalisation de laccompagnement.
Toute grille devra donc rapporter un minimum daccords, ceux indispensables à la bonne tenue harmonique. A charge pour linterprète de bien restituer ceux-ci dans la trame rythmique.
Elle pourra toutefois être parachevée par la mention daccords de passage, de substitution ou complémentaires, enrichis ou altérés si lapport artistique correspondant savère significatif. Linterprète garde toutefois une grande liberté visant à fournir les enrichissements, altérations et renversements quil jugera intéressants, dans la mesure où les règles dharmonie sont bien respectées.
Voici à titre dexemple les premières
mesures et la grille harmonique dune ballade bien connue intitulée
: « The shadow of your smile ».
La grille précédente pourrait fort
bien être re-écrite suivant un chiffrage mentionnant les
degrés correspondants des accords dans la tonalité du
passage. Les modulations étant très fréquentes
et quelquefois fugitives, il conviendrait alors de faire également
figurer les tonalités associées aux enchaînements,
tel que proposé dans la grille ci-dessous. ![]() La première présentation, sattachant plutôt à laspect technique, reste toutefois plus accessible, le déchiffrage de la version en degrés, plus théorique, risquant de savérer rapidement laborieux. Cette dernière transcription nous est toutefois utile à des fins pédagogiques.
Voyez comme les enchaînement en quintes sont systématiques et comme il est alors aisé de repérer les progressions typiques :
II-V-I mineurs : mesures 1-2-3 / 9-10-11 / 17-18-19 / 23-24-25 (Modes mélodique ou harmonique, selon les altérations accidentelles rapportées dans la mélodie).
II-V-I majeurs : mesures 5-6-7 / 29-30-31
II-V irrésolus : mesures 13-14 / 15-16 / 21-22 / 26 /27-28
Remarquez les accords IV des mesures 4 / 8 / 20 qui prolongent les II-V-I en quinte descendante correspondant à leur tonalité ( A7 sur Mi mineur mélodique, C7M sur Sol majeur).
Remarquez également que les accords V, naturellement de fonction 7ème de dominante, se retrouvent fréquemment altérés par la 9ème bémol, procédé parfaitement valorisant dans ces progressions, principalement, lorsque laltération en question se trouve être une note de la mélodie.
Notez enfin une précision concernant laccord II en mesure 29. La grille chiffrée initiale rapporte A7 et Eb7. Le degré II est en principe mineur, de sorte que la tonalité annoncée de Sol majeur ne trouve justification que par le II-V-I des deux mesures suivantes. Ce cas, nous fournit une illustration de laltération couramment opérée sur le degré II, lui conférant alors une fonction de 7ème de dominante. Le climat très fugacement rendu est accentué en faisant sonner sur la deuxième moitié de la mesure 29, la substitution tritonique de A7, qui se trouve être Eb7.
Nous avons jusquà présent arrêté notre système de chiffrage à une notation symbolique du type: {Fondamentale} + {Tierce Maj/min} + {Septième/Sixte} + {extensions (ou notes de couleur) éventuelles}.
Selon les styles exploités ou les rendus harmoniques souhaités, lutilisation des extensions peut prendre un caractère volontairement systématique, de sorte quun système de notation daccords de plus de 4 sons a été imaginé.
Le procédé consiste à assembler deux accords différents, joués ensemble, sous la forme 4+3 ou 4+4, formant ce que lon appelle un polychord.
Nous avions déjà remarqué que les extensions dun accord donné sidentifiaient aux composantes du Triad construit sur le degré ascendant voisin. Ainsi, en prenant lexemple de laccord C7M, ses extensions sont formées par le Triad de Dm. De sorte que si nous superposons ces deux constructions nous avons :
Bien entendu, un tel mode de chiffrage permet de définir des polychords très variés : exemple
Le rôle de la basse peut savérer déterminant dans le rendu souhaité de certaines suites daccords. Dans de tels cas, et dans la mesure où lexécution du morceau nest pas soutenue par une ligne de basse conséquente, laccompagnateur devra choisir des renversements propres à privilégier les notes attendues dans le registre des graves.
Lon apprécie alors les chiffrages où la composante de basse est clairement mentionnée sous les formes suivantes :
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Ce qui constitue l'étape indispensable
lorsque l'on s'apprête à improviser. : Les 5 étapes
de l'analyse macro harmonique
2.Déterminer la tonalité :
3. Déterminer le style harmonique :
4 Chiffrer les accords. Faire une distinction
entre les accords diatoniques ou chromatiques.
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|