Modal, Tonal, Atonal

Un peu de baratin pour raconter une petite partie de l'histoire de la musique qui nous interesse :
La musique occidentale dans son ensemble s’appuie, depuis le XVIIIe siècle, sur un « vocabulaire » et une « grammaire » musicale communs : le système tonal.
C’est ce système qui permet d’écrire des mélodies et des harmonies simples à base d’accords classés un système qui s’est, durant deux siècles, installé dans les habitudes musicales, au point d’en paraître parfaitement naturel pour la plupart des auditeurs, de par l’accoutumance et l’enculturation.
En d’autres termes, la pratique et la composition de la musique en Occident ont été largement soumises à l’observance d’un système de règles codifiées qui ont forgé la façon dont on écoute et conçoit la "bonne façon" de faire de la musique.
Ce système est celui sur lequel s’est appuyée la majeure partie de la musique classique jusqu’au XXe siècle.
C’est aussi celui par lequel on compose la majorité de la musique populaire (variété, pop, blues, jazz, soul, rock, metal, reggae, funk, etc.), bien que certaines de ses règles y aient parfois été assouplies.


L’un des fondements de l’harmonie tonale classique est de s’appuyer sur une hiérarchisation de degrés (c’est-à-dire une échelle d’importance entre les différentes notes constitutives de la gamme).
L’un de ses degrés, la tonique (le premier degré, c’est-à-dire la note de départ d’une gamme), constitue la note la plus importante de la gamme, le point d’équilibre, ou « centre tonal » ; autour de celle-ci gravitent la dominante, créatrice de tension, et les autres degrés, hiérarchisés d’après les deux pôles d’attraction précédents.
Une grande partie du fonctionnement de la musique tonale s’appuie sur le jeu d’attraction qu’exerce la tonique sur les autres notes de la gamme.
Une mélodie, par exemple, est constituée d’une succession de notes dont le cheminement est très souvent déterminé par l’attraction exercée par la tonique et les tensions créées par la dominante ou la note sensible.
Par ailleurs, le système tonal s’appuie généralement sur l’emploi de gammes et d’accords classifiés selon leurs caractéristiques. La combinaison de ces accords repose sur la mise en jeu de tensions et de résolutions à travers la succession de « dissonances » (septième, neuvième…) et de « consonances » (de la tierce ou la sixte, à l’« accord parfait »). En d’autres termes, la dynamique du système tonal tire parti du fait que certaines associations simultanées de notes génèrent des tensions, des états d’instabilité, de malaise (les dissonances) qui, dans la logique interne du système, nécessitent d’être résolues par d’autres associations considérées comme plus stables et générant une sensation de relâchement, de repos : les consonances.


De l’histoire de l'évolution de la musique, résulte 3 principales façons d'écrire la musique :

- Le système tonal
Dans les musiques dites tonales, les mélodies et accords sont construits autour de deux gammes principales bien précises :
La gamme majeure et La gamme mineure

- Le système modal
Dans une musique dite modale, les mélodies et les accords sont construits sur des échelles modales.
Une échelle modale est la façon dont sont répartis les sons autour d'une note de référence (ton et 1/2 ton).

- Le système atonal
Les compositeurs de la fin du 19ème siècle tels que Wagner (1813-1883) ont poussés tellement loin la musique tonale que la suite logique à la musique tonale fut la musique atonale au XXème siècle .
Le système atonal a notamment pour principe le rejet du système tonal, et de faire en sorte que chaque note ait la même fonction, c'est-à-dire aucune, car ainsi il n'y a plus de degré, plus de gamme, plus de tonique ni dominante.
Le compositeur atonal considère la gamme chromatique dans son ensemble. Par la suite, l’écriture atonale connaîtra de nouvelles évolutions qui réintroduiront de nouvelles hiérarchies, notamment dans l’écriture dodécaphonique.
Mais dans le cas de l’atonalité libre originelle, son fonctionnement repose sur une plus grande liberté d’utilisation du matériau musical. De par les libertés que la musique atonale prend vis-à-vis des habitudes et des traditions musicales, elle implique de nouvelles sonorités harmoniques qui apparaissent souvent difficiles d’accès pour une oreille "non avertie", encore habituée aux sonorités et aux tournures traditionnelles de la musique tonale.
Elle nécessite donc souvent une certaine familiarisation et une prise de distance vis-à-vis de ses habitudes d’écoute musicale.


Pour le moment, interessons nous à NOTRE musique Tonale et Modale :

La tonalité, le mode, l'armature

La tonalité :
En musique tonale, une tonalité est "le ton" (nom de la tonique) appartenant à un "mode" soit majeur soit mineur
.
Une tonalité se définit comme une gamme appartenant à l'échelle diatonique de sept notes, désignée par la première note ,la tonique et par son mode (majeur ou mineur),
par exemple, la « tonalité de sol majeur »
.

La différence entre le mode majeur et le mode mineur repose sur la position des tons et des demi-tons dans l'échelle diatonique. Ils sont utilisé dans la plupart des œuvres occidentales (depuis le XVIIIe et le XIXe siècle).

L'armure (ou armure) : est un ensemble de bémols ou de dièses réunis au début de la portée.
Elle caractérise la tonalité en indiquant les altérations constantes, et a pour fonction de transposer l'échelle diatonique naturelle.

C'est donc à la lecture d'une partition ou l'on va determiner comment lire les notes contenues dans les mesures et aussi determiner dans quelle tonalité est le morceau (voir ci dessous)

En théorie 15 gammes, en pratique 12 gammes (correspondant aux 12 demi tons)

Contrairement aux musiques tonales que nous venons de décrires, sont modales les autres musiques y compris les modes majeurs ou mineurs.

 

Voici un excellent site pour voir et entendre toutes les gammes

Les modes que nous allons examiner permettent d'expérimenter diverses combinaisons de tons et demi-tons et de colorer ainsi la musique de nos modes occidentaux majeurs et mineurs avec des notes altérées de façon systématique.
Il existe de nombreux modes musicaux et presque autant de définitions.
Pour rester simple, nous distinguerons:
- les modes harmoniques naturels et leurs dérivés du mineur mélodique ascendant,
- les modes ethniques, pour ne pas dire exotiques.


En Europe, la musique du moyen-âge et de la Renaissance était fondée sur l'utilisation de ces modes.
La musique modale fut ensuite abandonnée pendant plusieurs siècles, laissant la place à la musique tonale construite uniquement sur deux de ces modes : majeur et mineur.

Les Modes naturels sont construits à partir de chaque note de la gamme majeure naturelle.
Encore appelés modes grecs, ou ecclésiastiques (puis grégoriens à la fin du XIX e siècle), ils sont dénommés : mode de DO, de RE, etc., ou encore mode ionien, dorien, phrygien, (voir schéma ci-contre).


Chaque mode a une sonorité qui lui est propre, un caractère, du par sa tonique et par les intervalles qui la séparent des autres notes.
Le mode de DO est : Gai et guerrier, Obscur et triste
Le mode de RE est Joyeux et très guerrier, Grave et dévot
Le mode de MIb est Cruel et dur Horrible, affreux
Le mode de MI est Querelleur et criard, Efféminé, amoureux et plaintif
Le mode de FA est Furieux et emporté, Obscur et plaintif
Le mode de SOL est Doucement joyeux, Sérieux et magnifique
Le mode de LA est Joyeux et champêtre, Tendre et plaintif
Le mode de SIb est Magnifique et joyeux, Obscur et terrible
le mode de SI est Dur et plaintif, Solitaire et mélancolique

Sur ce tableau, le mode de Do ou Ionien correspond au mode Majeur, le mode le La ou Eolien correspond au mode mineur.


À la fin du XIXe siècle, cette pratique est agrémentée d'autres modes, créés ou inspirés des musiques traditionnelles extra-européennes.
Restons en la, c'est déjà pas mal de choses à assimiler.


En fait "les modes" sont un plus vaste domaine, voir le site

Trouver la tonalité d'un morceau (assez simple) grâce au solfège :
Nous venons de le voir Il y a 3 types d’armures (ou armatures) :
Selon l'armature dans le tableau (ci dessus) on retrouve les deux tonalités éligibles de caractère majeur ou mineur

Lorsqu'on ne connait pas le tableau par coeur on a recours à l'ordre des dièses et des bémols
à apprendre par coeur
S
i l'armature est avec :
Dièse(s): Prendre le dernier dièse et ajouter 1/2 ton
(ex: 2# = fa#do# alors on est en Ré maj ou Sim)
Bémol(s): Prendre l’avant dernier bémol (ex: 3b = sib mib lab alors on est en Mib maj ou Dom)
Vierge: On est en Do Majeur ou La mineur
Et maintenant trancher entre tonalité majeure et mineure, pour cela regardez la première et la dernière note du morceau.
Très souvent la dernière note est la fondamentale . Ex pas d'altération on doit choisir majeur ou mineur, si la dernière note est do on est en Do majeur, si la dernière note est la on est en La mineur.
(Mais attention à l'intérieur d'un morceau ou d'une mélodie on peut passer de majeur et mineur ou l'inverse durant quelques notes ou mesures, il faudra décoder quant on en saura plus sur l'harmonisation).

Trouver la tonalité d’un morceau par analyse
Cependant, cette technique n’est pas infaillible, et il parfois mieux de se référer à l’analyse des accords pour trouver la tonalité du morceau.
1) Chercher l’accord diminué
Si on prend une gamme pour l’harmoniser (c’est à dire construire des accords à partir de cette gamme), puis que par la suite on analyse la nature des accords obtenus, on se rend compte que quelle que soit la gamme choisis, la nature des accords ne changera pas.

Exemple : On prend la gamme de Do Majeur et on construit des accords à partir de cette gamme.

On analyse ensuite la nature des accords obtenus : Le premier accord se trouve être un accord majeur, le deuxième accord, un accord mineur… Et bien figurez-vous que cette structure ne changera jamais et ce, quel que soit le nom de gamme choisit. C’est-à-dire que même si vous prenez une gamme de Fa# Majeur, le 6ème degré de cette gamme sera un accord mineur et le degré VII sera un accord diminué.
Faire ce même travail avec la gamme de Do mineur,
le 2 ième degré de cette gamme sera un accord diminué et ...

Schéma bilan :
Nature des accords d’une gamme majeure :
Nature des accords d’une gamme mineure :

Maintenant que vous savez que cette structure est fixe, vous vous rendez compte qu’il n’y a qu’un seul accord diminué par gamme. Retrouver l’accord diminué d’un morceau, c’est donc retrouver à coup sur la gamme dont il provient et donc par déduction sa tonalité.

Vous savez donc que si vous repérez un accord diminué dans un morceau, cet accord sera soit l’accord du deuxième degré d’une gamme mineure, soit l’accord du septième degré d’une gamme majeure.
Pour pouvoir trancher entre les deux tonalités, il vous suffit tout comme je vous l’ai expliqué dans mon point précédend’analyser le premier et le dernier accord du morceau.

2) Relever et analyser les accords
Maintenant, si aucune des techniques précédentes ne vous a permis de déterminer la tonalité du morceau, il ne vous reste plus qu’à analyser les accords de ce morceau. Pour ce faire, relevez chaque accord que vous trouverez puis demandez-vous simplement de quelle gamme peuvent-ils provenir. C’est en fait le strict inverse de ce qu’on a fait précédemment : au lieu de construire les accords à partir de la gamme et de la tonalité, on va définir la tonalité à partir des accords.

Il ne vous reste donc plus qu’à relever tous les accords du morceau, de les classer à la suite, puis de retrouver leur gamme d’origine (et donc leur tonalité) grâce à l’aide du tableau récapitulatif ci-dessus. En effet, si vous remarquez par exemple des accords avec uniquement les Fa et les Do qui sont dièses, alors cela signifie que l’on a 2# à la clé et que l’on est soit en Ré Majeur, soit en Si Mineur. Un coup d’œil aux accords et à la partition vous permettra ainsi de trancher définitivement pour la bonne tonalité.